Pourquoi écoutons-nous seulement ce que nous voulons entendre ?

Avez-vous remarqué que nous écoutons seulement ce que nous voulons entendre, uniquement les informations qui confirment nos idées ?

Nous, êtres humains, avons une particularité : nous vantons le besoin de remise en question, mais en réalité avons besoin d’être sûrs de nous. Nous pensons que nos idées et opinions sont fondées, valables et nécessaires, sans vraiment savoir pourquoi nous agissons comme nous le faisons. Parfois, nos idées et traits caractéristiques sont plus importants que la raison, et peu importe ce que l’on nous dit, on n’en démordra pas. C’est pour cela que l’on dit souvent que nous entendons seulement ce que nous voulons.

Et effectivement, nous avons une caractéristique particulière : l’attention sélective. Nous nous concentrons uniquement sur certains points et en occultons d’autres, notamment dans le champs des idées et des croyances. Et si c’est quelque chose que nous faisons tous car nous ne pouvons pas intégrer tous les stimuli de notre environnement, c’est toutefois un biais qui fait que nous appréhendons toujours la réalité de la même façon.

Cette attention sélective fait effectivement que les informations que nous conservons ne sont pas toujours les plus valables ou pertinentes : au contraire, nous avons tous tendance à préférer accorder de l’importance aux informations qui nous confortent dans nos idées ou opinions, qui confirment ce que nous pensons.

L’impact de l’attention sélective

Pour éviter d’être surchargé d’informations, notre cerveau se concentre donc sur certaines informations, privilégiant celles qui sont en accord avec ses principes préexistants. Mais nous devons faire attention, car l’attention sélective peut facilement dériver en un repli, un refus de voir les preuves qui vont à l’encontre de ce que nous croyons et de nos valeurs.

L’attention sélective est d’ailleurs une attitude que nous observons au quotidien mais sans nous en rendre compte : nous nous entourons de personnes qui ont des idées similaires aux nôtres, lisons des articles qui traitent de sujet à partir d’un angle qui nous intéresse. Et bien souvent, nous préférons éviter de nous confronter aux personnes ou aux médias qui portent des idées contraires aux nôtres pour éviter les conflits, la colère, la frustration et l’incompréhension face à ces idées. Nous évoluons dans des environnements qui renforcent nos idées, et recherchons ces environnements, ce qui nous laisse penser que nous avons raison puisque d’autres pensent la même chose que nous.

Le biais de confirmation

Au-delà de l’attention sélective, nous sommes aussi les victimes du biais de confirmation, un biais cognitif qui fait que nous allons davantage écouter ou rechercher des preuves qui valident ce en quoi nous croyons déjà, remettant en question ou ignorant ce qui infirmerait ces idées. On comprend tout de suite à quel point cela peut être un souci, dans nos relations personnelles, mais aussi au niveau professionnel, et particulièrement dans certains domaines (police, justice, recherche scientifique…).

C’est là quelque chose que nous faisons de façon inconsciente : lorsque nous sommes nez à nez avec une information qui ne s’adapte pas à nos idées, à notre morale, nous préférons la rejeter, sans prendre le temps de vérifier la validité de l’information donnée. Il arrive même que nous parvenions à réinterpéter une information qui est en désaccord avec nos idées afin qu’elle corresponde à ce que nous pensons.

Il n’existe pas une vérité universelle, et nous avons tendance à chercher les données qui viendront confirmer notre propre vision de la réalité. Les personnes qui sont peu sûres d’elles seront bien plus ancrées dans leurs préjugés car elles ont peur du changement.

Pourquoi faut-il s’ouvrir ?

Ces biais cognitifs nous maintiennent dans l’erreur : parce que nous voulons uniquement avoir des informations qui valident ce que nous pensons, nous préférons ne pas enrichir notre connaissance au risque de devoir se remettre en question.

Le biais de confirmation et le biais d’attention sélective peuvent avoir un impact important dans certains secteurs, mais aussi chez certaines personnes. Ainsi, on a pu observer que les personnes atteintes de dépression prenaient inconsciemment beaucoup plus en compte toutes les informations qui confirmaient leur mal-être et leur isolement, s’engageant dans un cercle vicieux de malaise. Il ne s’agit pas de personnes qui se complaisent dans le mal-être, comme on peut souvent l’entendre, mais de personnes qui vivent une réelle maladie psychologique et sont victimes de biais cognitifs qui ne font que renforcer la sensation qu’elles ont de se sentir mal et de n’avoir plus rien à vouloir au monde, d’où la nécessité d’un suivi psychologique adéquat.

C’est pourquoi il est si important de faire preuve d’ouverture d’esprit. Respectons les idées des autres sans se sauter à la gorge, et essayons parfois de prendre du recul pour comprendre d’où viennent nos idées, et envisageons celles des autres sans préjugés.

Source: Psychologue.net

Comment différencier le coup de blues de la dépression ?

Comment différencier le coup de blues de la dépression ?

Comment différencier le coup de blues de la dépression ?

INTERVIEW – A l’occasion du «blue monday», jour supposé le plus déprimant de l’année, le Dr Olivier Doumy, psychiatre, explique la différence entre dépression et déprime.

Un coup de mou, cela arrive à tout le monde. Mais parfois, la déprime s’installe dans le temps. Comment savoir s’il s’agit seulement d’un simple coup de blues passager ou d’une dépression? Le Figaro a interrogé le Dr Olivier Doumy, psychiatre au centre expert des dépressions résistantes de la Fondation FondaMental, sur les caractéristiques de la dépression.

Qu’est ce qu’une dépression?

La dépression est une pathologie psychiatrique qui répond à des critères précis présents dans le DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association Américaine de Psychiatrie). Neuf critères permettent de diagnostiquer la maladie. Les principaux sont: une tristesse permanente et une anhédonie (une réduction de la sensation de plaisir). Ensuite viennent d’autres symptômes: la variation du poids, les insomnies ou hypersomnies (sommeil excessif), le ralentissement psychomoteur, la fatigue, le sentiment de dévalorisation, la diminution de la capacité de concentration et les idées suicidaires. Autrement dit, la dépression n’est pas une simple tristesse de l’humeur, mais il s’agit d’une tristesse pathologique, permanente, qui n’est plus influencée par une situation extérieure.

Quelle est la différence avec une déprime ou un coup de blues?

La déprime et le coup de blues ne correspondent pas à des diagnostics d’un point de vue médical. Il arrive de ressentir des émotions négatives ou une tristesse profonde dans certains contextes spécifiques. C’est normal et cela fait partie de la vie émotionnelle de tout individu. Et en général ces états émotionnels s’arrêtent au bout d’un certain temps. On parle en revanche de dépression si, malgré la résolution du problème ou malgré le temps qui passe, la déprime dure.

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Combien de personnes sont concernées par la dépression?

Environ 14% des Français feront une dépression au cours de leur vie. Tout le monde peut être concerné par la maladie, même les personnes qui sont considérées par leurs pairs comme équilibrées ou «fortes». Il n’y a pas de profil-type. En revanche, il existe des facteurs de risques tels que les troubles anxieux, les psychotraumatismes, l’addiction ou la répétition de situations de stress.

Seul le psychiatre pourra diagnostiquer la dépression lors d’un entretien avec le patient, en recourant parfois à l’utilisation d’un questionnaire. La maladie se traite ensuite grâce à une psychothérapie, accompagnée, ou non, de médicaments. Plus la dépression est sévère, plus les médicaments sont indispensables.

Source: lefigaro.fr

Lien de l’article: http://sante.lefigaro.fr/article/comment-differencier-le-coup-de-blues-de-la-depression-/