5 techniques pour surmonter les attaques de panique

Les attaques de panique ou d’anxiété sont vécues chaque jour par de nombreuses personnes. Si vous souffrez d’attaques de panique ou en avez souffert une fois, vous savez à quel point elles sont handicapantes. C’est pour cela qu’il est nécessaire de connaître certaines techniques pour les surmonter afin qu’elles ne vous affectent plus, ou au moins avec moins de gravité.

De nombreuses personnes vivent l’anxiété et les attaques de panique de manière régulière, c’est une expérience très invalidante et en souffrir de manière continue peut affecter gravement la qualité de vie. Les attaques de panique peuvent être terrifiantes la première fois qu’on en souffre, mais toutes les attaques de panique ne sont pas égales, chacun a un ressenti très différent.

Certaines personnes ressentent une sensation irréaliste, une sensation de perte de contrôle, quand d’autres expérimentent une sensation de mort imminente. Certains peuvent ressentir des nausées, transpirer, alors que d’autres ressentent une faiblesse, des tremblements et suffocations. Les émotions et symptômes physiques sont variés lors d’une attaque de panique. L’anxiété ne se guérit pas, mais peut se traiter et se contrôler. Découvrez ces techniques pour surmonter une crise de panique ou d’angoisse.

Respirez !

Pendant une attaque de panique, il se produit des changements dans la respiration qui font qu’on a tendance à respirer plus rapidement et peu profondément. Le rythme cardiaque s’accélère et il semble difficile de se calmer et de se relaxer, mais on peut reprendre le contrôle de la situation par celui de la respiration.

Si vous avez déjà pratiqué le yoga ou la relaxation, vous savez comment vous concentrer sur votre respiration. Inspirez profondément pendant 4 temps, retenez votre souffle pendant 2 temps, expirez sur 4 temps, et retenez à nouveau votre souffle sur 2 temps, puis recommencez. Il est nécessaire d’apprendre des techniques de relaxation rapide par la respiration afin de pouvoir contrôler vos nerfs et votre anxiété lorsque vous sentez qu’une crise de panique est imminente, et même dans toute situation de stress fort. La respiration doit être profonde et venir du ventre, vous devez inspirer et expirer lentement et vous concentrer sur votre souffle. Vous reprendrez ainsi le contrôle sur le rythme cardiaque, qui se calmera, et l’attaque de panique disparaîtra simplement.

Laissez partir les pensées catastrophiques

En général, une attaque de panique se déclenche à cause de certaines pensées catastrophiques, bien que chaque personne soit différente. Par exemple, si vous pensez que vous allez vous couvrir de ridicule ou que vous ne parviendrez pas à sortir d’une foule compacte, vous ressentirez de l’anxiété car le cerveau réagira à ce type de pensées en imaginant que vous êtes en danger.

Vous devez identifier les facteurs déclencheurs et utiliser le dialogue interne pour les combattre. Si le déclencheur est un souvenir, vous devez penser que cette situation n’est plus la réalité. Si vous pensez que les attaques sont causées par des situations concrètes, comme par exemple vous couvrir de ridicule à un moment donné, vous devez être réaliste et remettre le problème en perspective. Qu’est-ce qu’il pourrait se passer de pire dans cette situation ? Lorsque vous pensez aux conséquences réelles, que vous vous rendrez compte qu’il n’y aurait pas mort d’homme et que tout serait vite oublié, vous pourrez alors mettre votre peur de côté.

Changez-vous les idées

Si vous sentez qu’une attaque de panique est imminente, ne vous concentrez pas sur les symptômes de panique et d’angoisse, car cela amplifiera la crise. Une technique pour soulager et surmonter les symptômes de la crise est de se distraire et de réaliser des activités différentes de celle que vous êtes en train de faire à ce moment précis. Par exemple, si vous conduisez ou que vous êtes sur le point de faire un examen à l’hôpital, vous pouvez vous chanter une chanson qui vous plaît.

Si vous êtes dans une situation sociale que vous incommode, mangez un bonbon et concentrez-vous sur lui. En changeant votre centre d’attention pour un autre, vous vous rendrez compte que votre attaque de panique ou d’anxiété se dissipera rapidement.

Une autre manière de distraire son esprit du facteur déclencheur d’une attaque de panique est d’avoir un élastique autour du poignet. Lorsqu’une pensée catastrophique vous vient ou que vous sentez que l’anxiété s’approche, étirez l’élastique et relâchez-le pour qu’il vous donne un petit coup. À la sensation de la douleur, les pensées s’interrompront et se centreront sur la douleur que vous ressentez sur le poignet ; le centre d’attention est modifié, et il n’y aura pas d’attaque de panique. Attention, cette technique ne doit pas se reproduire souvent ni mener à des pratiques plus extrêmes, telles que l’auto-mutilation. Si vous sentez que vous perdez le contrôle et avez besoin de vous faire du mal car la douleur vous permet d’oublier l’anxiété, nous vous recommandons vivement de demander de l’aide à un professionnel.

Réaliser une activité qui vous fait bouger

Si vous êtes capable de distraire votre esprit pour ne pas vous concentrer sur ce qui vous affecte et qui pourrait déclencher une attaque de panique, vous devez aussi être capable de sortir de la situation qui vous génère de l’anxiété pour que la crise ne réapparaisse pas ou qu’elle diminue rapidement. Vous pouvez par exemple sortir faire une promenade, car l’air frais vous aidera à vous calmer.

Si vous ne pouvez pas sortir, essayez de trouver une activité qui vous permette de rediriger votre énergie, comme ranger votre bureau, votre bibliothèque, laver la vaisselle, passer le balai… Toute tâche qui soit productive et qui aide votre énergie à se focaliser sur un autre point afin de vous aider à vous calmer sera une réponse positive à une attaque de panique.

Avoir le soutien d’une personne de confiance

Parfois, il est bon de faire savoir à quelqu’un que vous êtes en train de vivre une attaque de panique, car cela pourra vous aider à résoudre le problème. Si vous êtes au travail lors de l’attaque de panique, parlez-en à un collègue en qui vous avez confiance ou avec quelqu’un qui souffre aussi d’anxiété et qui comprendra mieux ce qu’il vous arrive.

Si vous vivez ces épisodes de panique ou d’anxiété, il est recommandé d’avoir ces cinq techniques présentes à l’esprit afin de pouvoir gérer les attaques et les faire diminuer. Rappelez-vous qu’avoir des crises de panique ou de l’anxiété n’est pas honteux, et que de nombreuses personnes en souffrent.

Si ces conseils ne vous permettent pas de surmonter les crises de panique ou que celles-ci deviennent fréquentes et envahissantes, tournez-vous vers un thérapeute qui pourra vous aider à trouver l’origine de ces angoisses et trouver une solution afin de mieux vivre.

Source: Psychologue.net

Tout savoir sur le trouble panique

Le trouble panique peut apparaître à l’adolescence ou chez les jeunes adultes, particulièrement dans les moments de vie stressants.

Après avoir souffert de plusieurs attaques de panique, il est possible de développer un trouble panique. Trouble émotionnel profond, il est associé à des phobies et à des stratégies d’évitement des situations risquant de déclencher une attaque.

Le trouble panique est un état sérieux qu’une personne sur 75 risque de vivre. Il apparaît souvent pendant l’adolescence ou l’âge de jeune adulte, et bien que les causes exactes ne soient pas claires, il semble qu’il existe une corrélation entre ce trouble et un grand changement de vie, potentiellement stressant : passer un diplôme, se marier, avoir un premier enfant, etc. Il existe aussi une prédisposition génétique : si un membre de la famille a souffert d’un trouble panique, vous avez un risque plus élevé d’en souffrir également, notamment à un moment particulièrement stressant.

Les attaques de panique : la marque de fabrique du trouble panique

Une attaque de panique est une peur soudaine qui submerge la personne. Elle se déclare sans prévenir et sans raison évidente, et est bien plus forte que le sentiment d’être “très stressé” que beaucoup de personnes vivent. Les symptômes de l’attaque sont notamment :

  • Tachycardie
  • Difficultés à respirer, impression d’étouffer
  • Terreur presque paralysante
  • Vertiges, étourdissements ou nausées
  • Tremblements, transpiration
  • Étouffement, douleurs dans la poitrine
  • Bouffées de chaleur ou froid soudain
  • Fourmis dans les doigts ou les orteils
  • Sensation d’être en train de devenir fou ou d’être sur le point de mourir.

Vous reconnaissez probablement en cette situation le fameux schéma de lutte ou fuite que les humains ressentent lorsqu’ils sont en situation de danger. Mais, lors d’une attaque de panique, ces symptômes semblent sortis de nulle part. Ils se forment dans une situation à première vue inoffensive, et peuvent même arriver en dormant.

En plus de ces symptômes, les attaques de panique sont marquées par les points suivants :

  • Elles arrivent soudainement, sans signe avant-coureur et sans possibilité de les arrêter
  • Le niveau de peur est disproportionné au regard de la situation ; souvent, il n’y est d’ailleurs pas lié
  • Elles disparaissent en quelques minutes car le corps ne supporte pas la réponse de lutte ou de fuite plus longtemps que ça. Les attaques peuvent cependant se reproduire pendant plusieurs heures.

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Une attaque de panique n’est pas dangereuse, mais peut être terrifiante, notamment car la personne a l’impression de basculer dans la folie et d’avoir perdu tout contrôle. Le trouble panique peut parfois mener à d’autres complications comme des phobies, une dépression, une consommation de substances, des complications médicales, voire des pensées suicidaires. Les conséquences peuvent être modérées, mais aussi aboutir à un handicap social, voire à une inaptitude totale à faire face au monde.

Les phobies qui se développent avec les troubles paniques ne proviennent pas d’une peur d’objets ou d’évènements, mais plutôt de la crainte de souffrir d’une autre attaque. Les personnes évitent alors certains objets ou situations de peur que cela ne déclenche une autre attaque.

Vivre avec un trouble panique

Rappelez-vous que, même si certains signes peuvent vous donner des indices sur ce dont vous souffrez, seul un thérapeute certifié pourra réaliser le diagnostic du trouble panique. De nombreuses personnes expérimentent des attaques de panique, et si vous n’avez souffert que d’une ou deux attaques, il n’y a probablement pas de raison de s’inquiéter. Le symptôme clé du trouble panique est la peur constante de souffrir d’autres attaques de panique. Si vous avez souffert de plusieurs attaques, quatre ou plus, et si vous avez peur de souffrir d’une autre, il est vivement recommandé de demander de l’aide à un professionnel de la santé mentale spécialisé dans les troubles anxieux ou paniques.

Il est tout à fait possible de mener une vie normale lorsqu’on souffre d’un trouble panique, si on reçoit le traitement adéquat. Ces traitements sont très efficaces, et si l’on continue à souffrir d’anxiété ou à éviter des situations une fois le traitement terminé, un traitement complémentaire peut être nécessaire. Une fois traité, le trouble panique ne génère pas de complications permanentes.

La plupart des spécialistes s’accordent sur le fait qu’une combinaison de thérapies cognitives et comportementales (TCC) est le meilleur traitement des troubles paniques. Les médications peuvent aussi être appropriées dans certains cas. La thérapie va tout d’abord permettre au patient de comprendre de quoi il souffre et ce qu’il se passe en lui lorsqu’une attaque se déclare. Il va aussi pouvoir apprendre les déclencheurs d’une attaque de panique, propres à chacun. L’exposition va aussi permettre au patient de traverser les symptômes d’une crise dans un cadre contrôlé, et apprendre que ces symptômes peuvent être contrôlés pour ne pas se développer.

Selon les personnes, les résultats seront plus ou moins rapides, mais les patients notent une amélioration après 10 ou 20 séances hebdomadaires. Après un an, l’amélioration est formidable.

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Quelles sont les complications du trouble panique ?

Non traité, il peut avoir des conséquences sévères. Le danger le plus immédiat est que le trouble panique mène à une phobie, car une fois qu’on a souffert d’une attaque de panique, on peut commencer à essayer d’éviter les situations dans lesquelles la crise s’est déroulée.

Beaucoup de personnes souffrant de trouble panique montrent un “évitement situationnel” associé aux attaques de panique. Par exemple, vous pouvez avoir une attaque en conduisant, et commencer à éviter de conduire, jusqu’à développer une phobie à ce sujet. Parfois, on peut développer une agoraphobie (peur de sortir) en pensant qu’en restant à l’intérieur, on peut éviter toutes les situations risquant de provoquer une attaque et celles où ne pourra pas recevoir d’aide.

Même si vous ne développez pas ces phobies extrêmes, votre qualité de vie peut être sévèrement affectée si le trouble panique n’est pas traité. Une étude récente a montré que les personnes qui souffrent de trouble panique :

  • Sont plus susceptibles d’abuser de l’alcool et des drogues
  • Ont un plus grand risque de commettre un suicide
  • Passent plus de temps aux urgences
  • Consacrent moins de temps à leurs loisirs, au sport ou à d’autres activités qui pourraient les satisfaire
  • Ont tendance à être dépendantes financièrement des autres
  • Se sentent émotionnellement et physiquement moins en forme que celles qui n’en souffrent pas
  • Ont peur de conduire à plus de quelques kilomètres de leur domicile.

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Le trouble panique peut aussi avoir des effets économiques. Par exemple, une étude récente a cité le cas d’une femme ayant dû abandonner son activité rémunérée 40 000$ par an pour un travail à la maison rémunéré 14 000$. D’autres patients ont expliqué avoir perdu leur travail et avoir dû se tourner vers l’assistance publique ou les membres de la famille.

Mais il est possible d’éviter tout cela. Les troubles paniques peuvent très bien se traiter, et les patients peuvent recommencer à vivre une vie pleine, équilibrée et satisfaisante. N’hésitez pas à prendre contact avec un professionnel et à lui expliquer que vous pensez souffrir d’un trouble panique. Pensez que ce trouble, comme tout trouble émotionnel, ne peut pas être soigné par soi-même. Un psychologue clinicien ou un psychiatre sont les personnes les plus qualifiées pour établir le diagnostic et traiter le trouble.

Photos : Shutterstock

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